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 dig your nails in my thighs for old times' sake – haena&mina

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Jung Haena
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Paniquer. Avoir peur. Les émotions les plus simples que ressent un être humain. Être inquiet, s’angoisser. Culpabiliser. Se sentir seul. Se sentir triste, ou même heureux. Haena cligne des yeux et tue les mots à la lisière de ses lèvres, quand on lui parle des sentiments humains. Elle attend, inspire, expire. Elle évite de laisser un souffle exaspéré la quitter mais ne fait rien pour paraître moins désintéressée par le sujet. Elle ne comprend pas ce que c’est, et elle ne cherche pas à comprendre. « J’ai… un trouble de personnalité. » Elle avoue alors. Et les gens la regardent curieusement, presque sympathiquement. Donc elle continue, elle explique avec patience, un sourire finement dessiné sur ses lèvres : « Je ne ressens rien. » Absolument rien.


Sauf pour elle. Si Haena avait une liste de personnes à tuer, Heo Mina serait en top de liste.




...ouais.


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Ven 28 Oct - 19:29



"dig your nails in my thighs for old times' sake"


if two forces of nature meet, it always ends up bad - in a good way.




« Ce n’est pas mon problème, Kanata. Et tu me fais perdre mon temps, ça va bientôt être trop tard pour attraper un déjeuner chez McDonald’s. Et tu sais que j’aime déjeuner chez McDonald’s. »

« Écoute gamine. T’auras ton argent comme d’habitude, juste pas aujourd’hui. Comme tu peux le voir – je ne suis pas… en état d’aller à la banque. Mais t’auras ton argent. Demain, dernier délai. Je t’donne ma parole. »

« Pour un chef de gang, t’es vraiment une tapette. » Haena arqua un sourcil, tête légèrement penchée alors que ses yeux scrutaient la blessure du vieil homme d’un air désintéressé. L’instinct la poussa à tenter de repérer les symptômes : joues rougies de fièvre, yeux vaguement indécis, respiration lourde et insuffisante, transpiration anormale, hémorragie – les deux balles qu’il avait entre ses côtes avaient certainement causé des dégâts assez importants, s’il n’allait pas mourir d’infection, vu le tissu sale qu’il gardait contre sa plaie, il allait se vider de son sang. La femme sentit ses doigts trembler fébrilement dans l’envie d’y toucher,  d’y remédier, de sauver sa putain de vie car il n’allait pas survivre sans attention médicale. Une chirurgie inévitable. Mais elle n’en dit rien. Elle renferma sa main sur le poing de son pistolet et haussa des épaules, un sourire taquin aux lèvres et pas un seul signe d’empathie sur son visage. « Ce n’est pas mon problème. » Elle vit l’homme trembler de haine, elle ne cligna même pas, ce n’était pas une première fois, après tout. S’il n’était pas une menace en temps normal, entouré de ses hommes et armé jusqu’au cou, ce n’est pas avec un t-shirt trempé de sang qu’il allait la faire fuir. Elle passa une main dans ses cheveux. « Ohlala. Vous m’avez demandé de hacker un organisme de l’armé. J’l’ai fait. Et maintenant, je veux mon argent. Pas demain. Maintenant. Tout de suite. Avant que je ne vous saute accidentellement. Je sais viser mais parfois, je me trompe et ça finit mal. Oops. Genre entre vos jambes. Ça serait dommage. »

Les menaces ne semblaient pourtant pas marcher sur lui, si ce n’est l’étourdir, ça ne faisait que l’énerver davantage. Il continua. « Mais – je saigne. Ça ne vous fait ni chaud ni froid au cœur ? »

« Moi aussi, je saigne, une fois par mois, mais on s’en fout. » Elle roula les yeux, puis rit, mais ça sonnait mal – presque sadique. « Je veux mon argent, Kanata. Laissez tomber les petites discussions. Vous savez que je me contrefous de si vous vous videz de votre sang – de si vous mourrez. Je peux toujours prendre l’argent directement de votre compte bancaire, je préfère juste le cash. » Elle tira la chaise de la table et s’y logea paresseusement, observa le chef souffrir sur le matelas de son lit. Un téléphone sonna, et ce n’était pas le sien. Le mafieux répondit sans demander l’avis de la jeune fille et elle comprit, quand il récita le numéro de l’étage et de l’appartement dans lesquels ils se trouvaient, qu’il avait appelé de l’aide. Sûrement des renforts pour le prendre à l’hôpital. « T’as appelé tes minions ? Pas trop tôt. » Elle arqua ses sourcils. « Dois-je préparer mon arme ou… ? »

« Fais pas la gamine, Jung, je ne vais pas te tuer. On a besoin de toi. »

« Oui, mais tu n’vas pas non plus me donner mon argent, à ce que je vois. » Elle lâcha un souffle exaspéré. « Pourquoi vous, les gangs, vous faites les durs et vous tuez les autres quand on vous rend pas votre argent, mais quand c’est vous qui nous devez de l’argent, vous vous blessez à la James Bond et vous en faites tout un film ? » Or la question resta suspendu – était-ce vraiment une question ? Elle ne voulait que l’agacer. Les gens mourants étaient drôles quand irrités – et on ne toqua pas à la porte, mais celle-ci fut claquée contre le mur avec une force inutile pour révéler trois hommes armés, leurs armes déjà pointés contre elle. Elle roula les yeux, mais elle sourit quand même, son propre pistolet déjà en main. « Enfin. » Elle les salua de la main. « Coucou – vous avez mon argent ? »

Ils l’ignorèrent, tout comme Kanata qui leur ordonna de baisser leurs armes afin de presser un sujet plus urgent. « Où est le doc ? »

« Le doc ? J’croyais qu’il n’y avait que des chiens de garde dans votre club de pédés hors-la-loi. » Il l’ignora encore, pas sans laisser un soupir – il ne voulait que la buter, honnêtement. On l’informa qu’elle arrivait avec l’équipement nécessaire pour éviter l’hôpital. Alors il se laissa retomber contre son lit mais Haena savait que c’était involontaire. Ses organes le lâchaient. « Ooh. Une femme ? Encore mieux. J’suppose que si elle est bonne elle pourra te sauver la vie – mais j’en doute. J’parie que tu vas mourir dans vingt minutes. » Les trois hommes s’échangèrent des regards incertains puis fixèrent la femme qui, d’un rictus taquin, répondit d’un « quoi ? Vous n’avez jamais vu un sociopathe devant vous ? Boo. » C’était exactement à ce moment même qu’on toqua à la porte (geste encore inutile, vu que celle-ci était déjà ouverte.) La Jung se retourna vers la silhouette dudit docteur, une remarque cynique déjà présente sous sa langue, et observa son dos tandis qu’elle refermait la porte. Elle portait ses affaires dans un sac à dos, ses cheveux de longs vagues dorées. Haena se dit que la forme de l’arrivante était étrangement familière mais rien de plus – or quand le doc se retourna, le sourire du hacker vacilla et perdit de son éclat. Rien de bien remarquable aux yeux des étrangers, elle portait toujours cet air insouciant qui soulignait sa nonchalance – mais devant elle se tenait la seule personne au monde qui savait lire à travers la courbe sur ses lèvres.

Heo Mina.

Cette femme – cette putain de femme qui arrivait toujours à énerver la Coréenne sans effort. Une réaction primitive de la part de Haena qui, sur le coup, ses yeux fixés sur elle, se demandait pourquoi son cœur titubait à sa vue. Ce n’était rien de soulageant, et tandis qu’elle ne ressentait rien en particulier, elle arrivait à voir les émotions danser dans les prunelles du docteur (docteur ? Comment ? Elle n’était pas docteure – pouvait pas l’être en si peu de temps, ou après s’être faite éjecter du programme.) Fidèle à sa réputation, elle reprit un sourire et ravala ses questions. (Peut-être qu’on ne savait rien du passé de Mina, et elle n’allait pas lui faire des problèmes. Pas qu’elle s’inquiétait, ce n’était juste pas son problème. « Coucou, doc. Bon toi, j’suis sûre que t’as pas mon argent. » Elle lâcha son arme contre la table, se redressa contre sa chaise et regarda un Kanata inconscient. « Mais lui, il l’a. Alors s’il te plaît, retire les deux balles, recolle les morceaux – qu’on en finisse. J’ai vraiment pas toute la journée pour ça. » Elle se retourna vers la femme, souriante mais notablement moins amusée. (Elle se sentait énervée, soudain.) « Mina, le nom roula sur sa langue naturellement, ou plutôt docteur Heo ? »

(Et si Mina se concentrait rien qu’un petit peu, elle pourrait voir que le sourire du sociopathe n’était que sincère, exclusif, intime – familier malgré sa malice.)



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Ven 28 Oct - 21:22



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La pluie s'abattait sur son être, sa silhouette errant dans les rues telle une âme perdue, la gamine, ses joues empourprées, se rendait à son domicile provisoire, l'esprit troublé, le cœur meurtrit. Comme chaque soir, la coréenne passait par ce pont où elle aimait s'arrêter pour observer le paysage, son esprit candide s'imaginant une vie totalement différente de ce qu'elle menait actuellement, une vie dont elle ne cessait de rêver jour après jour, nuit après nuit. Son organe vital tambourinait dans sa cage thoracique, son corps grelottant de part ses vêtements trempés, ses cheveux mouillés collant à son épiderme semblable à de la porcelaine, la fillette, à contrecoeur, s'éloignait petit à petit de son havre de paix, se dirigeant une fois pour toute dans son appartement aussi piteux soit-il, reflet de la misérable vie qu'elle menait à présent.

Le bordel tokyoïte était en effervescence en ce soir de juillet malgré le déluge qui s'abattait sur la capitale. De chez elle, les relents des canalisations lui rappelait constamment que l'endroit reculé dans lequel la jouvencelle vivait était l'un des endroits les plus malfamés, un endroit où agitation rime affliction. Oui, Mina n'était aucunement en sécurité dans son appartement et, la moindre occasion de s'éclipser de cet endroit paumé, insalubre et en ruine était à prendre, même s'il s'agissait de retrouver un putain de chaton à l'autre bout du pays. Alors, lorsque son cellulaire s'était mit à vibrer, provoquant un boucan dans son petit studio, et qu'elle avait répondu, la voix masculine lui demandant ses services pour un chef de gang ensanglanté, la gamine n'avait point hésité à accepter l'offre, se hâtant même d'enfiler ces quelques vêtements, prenant au passage son sac à dos lequel contenant son équipement indispensable pour ce genre d'événements, généralement mouvementés.

Une fois à l'extérieur, son mobile s'était de nouveau agité dans sa poche. Mina, de ses doigts agiles, consultait ce dernier pour constater que l'adresse à laquelle elle devait se rendre n'était qu'à quelques pâtés de maisons mais qu'elle ne devait aucunement bouger de chez elle, qu'elle serait prise en main par des personnes compétentes. Balivernes se mettait-elle à penser, lâchant alors un léger soupir, c'était la meilleure manière pour eux de lui faire perdre du temps mais soit, mademoiselle Heo allait se plier aux exigences de messire Kanata, un homme dont les mots confiance et loyauté ne font pas partit de son vocabulaire.

Les deux guignols étant venus chercher « le médecin de l'ombre » - comme certains aimaient l'appeler, ils se rendaient enfin dans l'appartement où leur présumé chef gisait à même le sol, des blessures bien profondes attendant la jeune fille. La tête baissée, sa casquette vissée sur son crâne, la coréenne avait toquée à la porte tout en entrant une fois arrivée sur les lieux, n'hésitant pas à détailler les lieux une fois la porte refermée.

Puis, ses lèvres s'étaient entrouvertes en la voyant,

Son regard froid et cette expression qui ne quittait jamais son visage,

Jamais Mina aurait pu croire la revoir ici, dans de telles conditions.


Son esprit était chamboulé, tout se mélangeait, s'entremêlait, formant des nœuds dans son cerveau alors qu'elle tentait vainement d'oublier toutes les réminiscence de leur amitié fusionnelle partagée depuis leur plus tendre enfance, lien brisé après l'enfouissement dans cette vie maudite de Mina, elle qui s'éloignait volontairement de Haena, ne voulant pas l'attirer dans les tréfonds des ténèbres dans lequel, la gamine autrefois candide, s'était enfoncé. « Kanata San, tout ira bien pour vous désormais, croyez moi d'ici une heure vous pourrez de nouveau respirer convenablement. »

Passant devant son âme sœur, la coréenne n'avait pas osé posé ses yeux sur elle une nouvelle fois, préférant se concentrer sur les soins de l'homme qui en avait réellement besoin, se murant alors dans son propre silence, se protégeant dans cette bulle imaginaire, ignorant tout ce qui pouvait se produire autour d'elle. Ouvrir, examiner, soigner, refermer, cette routine permettait à Mina de s'échapper dans son univers, ses mains expertes s'occupant agilement des blessures par balles du mafioso sous les yeux ébahis de ses hommes de mains. « C'est Mina. Docteur Heo appartient au passé, Haena. » Le ton glacial, professionnel sans aucune émotion dans le timbre de sa voix reflétait très bien toute l'amertume qu'elle possédait, non pas contre son amie, mais envers elle même et elle seule, personne d'autre. Elle s'en voulait tant d'avoir privé la fille qu'elle aimait plus que tout au monde du rêve que toutes deux partageaient, autrefois.

« J'ai fini, j'emprunte votre salle de bain. » Se relevant, ramassant au passage tout son matériel tout en se dirigeant vers la salle d'eau, la chirurgienne avait, dans un excès de culpabilité, de colère, de tristesse, claqué violemment cette cloison en bois tout en balançant au travers de la pièce ses ustensiles, son corps s'échouant lamentablement sur le sol, ses gants ensanglantés tâchant ses vêtements. Peu importe, c'était en réalité le plus mineur de tout ses problèmes, elle qui redoutait la confrontation imminente avec l'imprévisible Haena qui allait arriver d'une minute à l'autre, c'était évident.

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Sauf pour elle. Si Haena avait une liste de personnes à tuer, Heo Mina serait en top de liste.




...ouais.


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Ven 28 Oct - 21:45



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Quelques années, déjà, depuis la dernière fois qu’elle l’avait vu devant elle. Combien, exactement ? Elle n’en avait aucune idée, c’était une période brusque et biscornue, après l’incident à l’hôpital, les laissant avec l’impression de vivre en slow motion, un bon moment, puis dans la hâte d’une vie radicalement différente, une vie qu’elles n’avaient pas délibérément choisi. Entre le temps que ç’avait pris pour quitter le programme (quitter était la décision de Haena, Mina s’était plutôt faite éjecter suite à son… erreur), le temps que ç’avait pris pour régulariser leurs statuts et leurs papiers afin de quitter le pays sans trace ni de problèmes, elles avaient fini par perdre la notion du temps. La dernière image qu’elle avait gardée de l’aîné n’était pas des plus rassurantes : elles étaient à l’aéroport nippon, tout juste arrivées quand celle-ci lui avait annoncé qu’elle voulait en fait rester seule. Qu’elle voulait vivre seule, marcher sa propre route. Haena avait compris de ses mots qu’elle ne voulait juste pas d’elle, qu’elle n’était plus la bienvenue dans sa vie et n’en dit rien de plus. Elle avait hoché des épaules, de cet air désintéressé qu’elle aimait tant afficher, même pas un mot pour la saluer ou, au contraire, lui demander de rester.

Une fois qu’elle s’était trouvée un logement, ou plutôt, une fois qu’elle avait hacké le système d’un groupement d’assurance pour ‘hériter’ miraculeusement d’un appartement à Meguro d’une vieille dame récemment décédée, elle s’était méticuleusement occupé de tout ce qui circulait en ligne à propos d’elles. Elle s’était occupée de tous ces… articles à propos de la mort de sa mère, ainsi que celle du patient de Mina, avait décidé que la moindre des choses qu'elle pouvait faire pour elle était d’offrir à son amie un nouveau départ comme elle le souhaitait. Après tout, elle le méritait bien, malgré tout.

« Kanata San, tout ira bien pour vous désormais, croyez moi d'ici une heure vous pourrez de nouveau respirer convenablement. »

Haena sourit quand le doc ignora ses chaleureuses salutations. Réaction plus ou moins prévisible, mais pas moins amusante. C’était peut-être délibéré – après tout, Mina ne voulait plus d’elle dans sa vie, elle avait rendue ça clair aux yeux de  la plus jeune – ou peut-être que c’était à défaut d’être occupée par des choses plus importantes. Des choses comme un homme mourant avec deux balles aux côtes qui se vidait de son sang sur son propre lit. Elle s’en foutait amplement, cela dit, et s’il y avait bien une émotion palpable en elle, à ce moment-là, c’était de l’ennui associé à de la colère. Surtout de l’ennui. Elle reprit son arme et les trois mafieux qu’étaient venus au secours de leur maître fit de même. Elle roula les yeux et se concentra plutôt sur le médecin. Elle pouvait lire sur ses yeux diverses choses, des sentiments emmêlés qu’elle n’allait pas chercher à démêler, mais surtout, cette aise qu’elle n’avait pas vu en elle depuis la dernière fois qu’elles avaient mises les pieds dans le bloc opératoire. Elle pouvait l’entendre réciter : ouvrir, examiner, soigner, refermer. Le mantra de tout chirurgien qui se respectait. Haena la contempla et se dit que c’était toujours aussi agréable, de l’observer travailler. Ça lui manquait presque.

« C'est Mina. Docteur Heo appartient au passé, Haena. »

« Mina chan, » ricana-t-elle mélodieusement, inconsciente du trouble de celle-ci. Enfin, consciente mais peu soucieuse. Son ton fut tout le contraire de celui de l’aînée : bas, casuel, et maladivement affectueux. Tandis qu’elle n’était pas en mesure de ressentir, ou marquer ses émotions, si elle en avait, elle était cependant capable de s’énerver (ou de s’ennuyer, c’était probablement les seuls sentiments qu’elle arrivait à sentir). Tout comme elle était capable de se contrôler dans de tels états. Elle préférait, plutôt que de manifester sa rage, irriter les gens. C’était plus facile, moins fatiguant. Elle bailla, cilla avant de se redresser et de croiser ses jambes, son arme toujours logée dans sa main. « Oh. C’est dommage, j’aimais bien quand tu jouais docteur avec moi. » Sourire suggestif, sourcils arqués. Mina n’était pas la seule à avoir changé – Haena ne se reconnaissait plus dans un miroir. C’était rien d’inhabituel, les gens changent tout le temps, le cycle de la vie, tout ça – ennuyeux. Cliché. Or c’était bien l’effet cause, conséquence. Trauma, préfèrent les psychologues. La froideur de la Heo ne l’impressionna même pas, elle ne s’attendait pas à moins que ça.

« J'ai fini, j'emprunte votre salle de bain. » annonça-t-elle un bon moment plus tard. C’est qu’elle devait être aussi compétente qu’elle ne l’était il y a quelques années, si elle était arrivée à le sauver sans assistance. Elle se relève, ramasse ses instruments et se dirige vers ladite pièce de pas feutrés. « Ah. C’était rapide. » Remarque lancée par une hackeuse qui s’était déjà approché du patient pour inspecter le travail de près. Kanata était vraiment chanceux d’avoir reçu des soins de sa part – un autre médecin n’aurait probablement pas réussi une telle finition dans des conditions pareilles. « Impeccable, comme toujours. » Elle hocha de la tête pour articuler ses propos, se retournant vers les hommes. Elle ouvrit ses lèvres, mais les referma instantanément quand un bruit – un claquement de métal contre le marbre du sol – résonna dans l’appartement. Elle roula les yeux. « Vous entendez ça ? C’est un signe du ciel. Signe qu’il est temps pour vous trois de déguerpir d’ici. Ouste. » Ils l’observent mais ne réagîmes pas. Elle soupire bruyamment. « D’accord, je vous explique. Le doc a enlevé deux balles du corps de votre Kanata senpai. Deux balles certainement infectés. Les microbes vont se multiplier. Sa fièvre va augmenter visiblement. Il va transpirer comme un porc. A ce stade-là, il va avoir besoin – s’il est chanceux – d’être hospitalisée pour infection. Ou peut-être pour une occlusion intestinale si la balle a touché des parties qu’on ne peut pas repérer sans matériel ou observation médicale. » Elle prit un souffle, se redressant avec un grand sourire. « Donc vous pouvez rester plantés là à me regarder jusqu’à ce que je m’énerve assez pour vous buter. Ou, vous pouvez le prendre à un hôpital pour qu’on vous dise quoi faire pour nous éviter tout un train de problèmes. A vous de voir. » Ses mots avaient leurs effets, et elle ne cligna même pas quand les gorilles la poussèrent pour porter l’homme et le sortir enfin de la pièce, soudain paniqués. Elle roula les yeux. Amateurs. La gamine n’hésita pas avant de lâcher un « ça ne veut pas dire que j’ai oublié mon argent ! » qu’on ignora royalement.

Elle inspira profondément, cachant son arme dans son étui avant de se retourner vers la porte qui la séparait de son amie. Le sourire qu’elle exhibait vacilla, puis s’effaça, laissant derrière une ligne fine. Façades à côté, c’était Mina derrière cette porte – sa Mina, celle qu’elle avait passé plus de dix ans à protéger dans les ombres avant qu’elle ne décide de partir. La seule qui comptait. Elle s’approcha de longs pas, soufflant légèrement avant de reprendre un rictus taquin. Elle ne toqua pas, plutôt, elle s’infiltra dans la pièce pour trouver la femme assise sur le sol au beau milieu de celle-ci, ses outils de travail éparpillés sur le sol. La coréenne ne dit rien. Elle marcha vers elle machinalement, se mit en face d’elle, mais seulement pour mimer sa position et se mettre à genoux, guettant le visage de son aîné avec de la curiosité plutôt que de l’inquiétude. Là encore, elle ne dit rien, mais écoute celle-ci respirer, de longues inhalations et de lourdes exhalations que la hackeuse avoua être rassurants.

« T’es trempée. » Nota-t-elle bêtement. « Et tu t’es tâchée. » Un moment d’hésitation avant qu’elle ne prit le poignet du médecin, la débarrassant des gants avec une délicatesse qu’elle ne pensait pas posséder. (Elle ne l’admettrait sûrement jamais, mais sentir la peau de Mina contre la sienne faisait bondir son cœur.) Elle fit de même pour l’autre main, jeta les gants dans la baignoire. Haena se releva enfin, faisant deux pas en arrière pour se caler contre le mur, ses yeux fixés sur sa vis-à-vis. Elle inhale. « Alors ? T’as quitté ton pays pour rejoindre la mafia locale ? Fun. Pas intelligent mais fun. » Un sourire narquois. « Mais bon – tomber amoureuse d’un mourant, ce n’était pas intelligent non plus. Ça m’étonne plus. » Elle roula les yeux, ignora le pincement de son cœur. Ce n’était pas de la jalousie. Elle cilla, ses mains enfuies dans sa jacket. « Tu vois, je m’en fous si tu merdes, moi. Tu peux foirer autant que tu veux. J’m’en fous si tu tues, si tu sauves des vies illégalement, si tu – » elle exhale, contempla ses mots. « Je ne t’ai jamais jugé – mais tu m’as rayé de ta vie juste comme ça. En un claquement de doigts, sans y penser deux fois. » Pas que ça lui faisait de la peine. La coréenne reposa son poids sur son autre pied.

C’était juste… une question de loyauté, disons.


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Dim 30 Oct - 22:16



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Suspendue à ses songes, ses mains enfouies dans le corps du dit mafieux, ses doigts tenant les outils qui lui servaient à sauver la vie de ce dernier avec une agilité déconcertante ainsi qu'une aisance à en couper le souffle à un bon nombre de chirurgiens titulaires qu'elle avait eu la « chance » de côtoyer durant son internat qui fut bref. Il faut croire que la jungle urbaine, ce bordel tokyoïte dans lequel elle avait été brutalement plongée après avoir sombré dans cette obscurité qui la consumait progressivement, baignant dans le danger constant et la peur dévorant ses entrailles avait été un meilleur enseignant que les professeurs qu'elle avait eu dans cet hôpital universitaire, jadis. Jamais la coréenne n'aurait pu imaginé que sa vie allait prendre un tel tournant, que tous les repères auxquels elle s'accrochait démesurément pour ne pas chuter allaient s'effondrer et l'entraîner dans leur dégringolade, faisant d'elle la jeune fille dévastée et inexpressive qu'elle était devenue. Ce petit rayon de soleil avait perdu de son éclat, la faisant alors sombrer, progressivement. Ce petit bout de femme avait néanmoins réussi à se faire une place dans cette guerre incessante entre les différents gangs qui occupaient la capitale nipponne, se faisant un nom parmi ceux et celles qu'elle avait décidée d'aider, réussissant même à devenir la petite protégée d'un de ces fameux hommes, et heureusement.

Ses pensées s'entremêlant, occupant son esprit qui ne cessait de se questionner, de s'envahir de mille et unes hypothèses, de nombreux « Et si ? » auxquels elle ne trouvait aucunes réponses ni solutions, si bien qu'elle n'eut remarqué la vitesse à laquelle son travail fut rapidement achevé sous les yeux ébahis des hommes de mains du bonhomme que l'ancienne chirurgienne soignait mais dont elle se fichait éperdument. Elle était présente, elle se trouvait dans cet appartement miteux, un arme à feux chargée entre ces mains, son visage encore enfantin mais un esprit qui était en totale contradiction avec cet aspect candide qu'elle donnait, involontairement, et qui la rendait si particulière, si belle aux yeux de la coréenne, une beauté et une personnalité qui lui rappelait tout ce dont elle avait perdu, Haena faisant partit des choses des plus précieuses que l'aînée possédait entre ses mains destructrices, ces mêmes mains qui lui servaient pour sauver la misérable vie de ces gens qui s'amusent à défier la mort chaque jour de leur pitoyable vie, ces mains qui avaient laissés s'échapper une telle nymphe qu'elle souhaitait garder contre elle le plus longtemps possible, quelle ahurie d'avoir imaginé une telle vie ne serait-ce qu'une fraction de seconde. Alors, quand elle entend le ton sarcastique de cette jeune fille qu'elle ne reconnaît absolument pas, Mina tente de passer impassible, comme à son habitude, même si ces quelques réflexions balancées sans aucun filtres par la plus jeune des deux la touchait bien plus qu'elle ne le pensait. Oui, Haena était tout pour la médecine, elle qui avait été son pilier depuis sa plus tendre enfance, qui l'avait suivi dans toutes ses aventures, tous ses rêves, partageant ses passions et ses peurs. Toutes deux ne faisaient plus qu'un, , autrefois, mais Mina avait tout gâché, comme d'habitude.

Une fois son travail terminé, la chirurgienne s'était hâtée de se rendre dans ladite salle de bain, prétextant nettoyer son matériel. Balivernes, elle souhaitait simplement s'enfermer dans cette pièce, laisser de nouveau un mur entre Haena et sa propre personne, voulant se réfugier et ne pas laisser transparaître ses émotions devant la nymphe qu'elle aimait tant mais qui se taisait pas on-ne-sait quelles raisons, par stupidité, probablement. Cloîtrée dans cette salle d'eau, la coréenne s'était écroulée à même le sol, ses jambes ne pouvant plus la supporter, ses outils éparpillés sur le sol et ses vêtements entachés par le liquide rougeâtre qui restait sur ses gants en latex et dont elle se fichait éperdument, bien entendu. C'était un putain de cercle vicieux, elle regrettait constamment, ces mêmes regrets lui dévorant le peu de joie et bonne humeur qui lui restait, se promettant d'aller faire un effort pour sauver les vestiges de la relation qu'elle possédait autrefois avec la cadette et, une fois arrivée devant cette même jeune fille, son comportement devenait des plus froids et antipathiques, tentant alors de rejeter son « amie » mais c'était sans compter la ténacité infaillible de cette dernière, bien évidemment.

Seulement, cette même fille avait décidée de mettre à l'épreuve le moral de l'ancienne chirurgienne, décidant alors d'entrer sans prévenir de son arrivée, faisant alors face à une Mina au regard vide, assise à même le sol et sans esquisser le moindre mouvement. Là, elle pouvait remarquer que toute trace d'allégresse qu'elle possédait autrefois avait bel et bien disparu, faisant d'elle une simple gamine à qui on a tout enlevé, même sa propre joie de vivre. Oui, toutes deux avaient changées, et bien plus qu'elles ne le pensaient, elles étaient devenues méconnaissables. Pauvres gamines. Le pire dans cette histoire, c'est qu'il s'agissait bel et bien de la faute de l'aînée, tout ce qui leur arrivait au jour d'aujourd'hui était le fruit des successions de mauvaises décisions prises par Mina, elle qui s'en mord les doigts encore aujourd'hui.

Le regard toujours plongé dans le vide, Mina n'avais pas prit la peine d'observer la jeune fille qui, s'installant devant elle, s'était accroupie afin de faire face à la nymphe et lui rappeler que, tâchée, elle s'était bien évidemment trempée l'ensemble de ses vêtements. Seulement, ce n'est que lorsqu'elle vint sentir les doigts de la cadette s'enrouler autour de son poignet que la coréenne était sortit de ses songes, fixant alors sa vis-à-vis sans pour autant énoncer le moindre mot. D'une délicatesse qu'elle ne connaissait pas de Haena, cette dernière venait de lui ôter ses gants en latex, les jetant dans la baignoire qui se trouvait à côté d'elles, se relevant finalement pour se diriger face à elle, un peu plus loin. « Alors ? T’as quitté ton pays pour rejoindre la mafia locale ? Fun. Pas intelligent mais fun. » Un sourire narquois se formant subitement sur les lèvres de la cadette, agaçant d'autant plus la jeune Mina, à l'entente des mots de celle-ci. « Mais bon – tomber amoureuse d’un mourant, ce n’était pas intelligent non plus. Ça m’étonne plus. » Laissant un soupir s'échapper d'entre ses croissants de chairs, l'ancienne interne en chirurgie écoutait les accusations de Haena avant de se relever, ravalant ses sanglots aussi fort qu'elle le pouvait. « Et alors ? Tu veux que je te dises quoi Haena ? Tu me l'as répété un bon nombre de fois, tu crois que j'ai pas enregistré ? T'as changée, j'ai changée, on peut rien y faire, c'est la vie. » Elle inhale, fermant quelques secondes ses paupières avant de rassembler ses outils. « Pourquoi tu viens me coller après ce qu'il s'est produit, hein ? Je ne t'aies jamais demandé de partir de l'hôpital alors viens pas me balancer tes réflexions, j'en ai assez entendu. » En réalité, Mina souhaitait de tout cœur qu'elle la comprenne et rester à ses côtés pour la soutenir malgré tout, malgré ses décisions qui avaient absolument tout détruit, sa carrière, son ambition et le plus important, sa relation avec Haena. « Si c'est pour me dire de telles choses que t'es restée, je te retiens pas, vas-t-en. »

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Paniquer. Avoir peur. Les émotions les plus simples que ressent un être humain. Être inquiet, s’angoisser. Culpabiliser. Se sentir seul. Se sentir triste, ou même heureux. Haena cligne des yeux et tue les mots à la lisière de ses lèvres, quand on lui parle des sentiments humains. Elle attend, inspire, expire. Elle évite de laisser un souffle exaspéré la quitter mais ne fait rien pour paraître moins désintéressée par le sujet. Elle ne comprend pas ce que c’est, et elle ne cherche pas à comprendre. « J’ai… un trouble de personnalité. » Elle avoue alors. Et les gens la regardent curieusement, presque sympathiquement. Donc elle continue, elle explique avec patience, un sourire finement dessiné sur ses lèvres : « Je ne ressens rien. » Absolument rien.


Sauf pour elle. Si Haena avait une liste de personnes à tuer, Heo Mina serait en top de liste.




...ouais.


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Jeu 24 Nov - 16:14



"dig your nails in my thighs for old times' sake"


if two forces of nature meet, it always ends up bad - in a good way.


C’est facile, et familier, et instinctif, un peu comme faire du vélo, ou nager. Être près de Mina après s’être trop longtemps prohiber de même penser à elle est trop facile, et relève du naturel, une certaine dynamique fissurée et malsaine qui fut toujours là et qui ne fut effacée avec le temps. Elle se dit qu’il est moins accablant de formater un ordinateur ou de complètement effacer toute une base de données que de forcer un esprit à oublier des choses comme un simple souvenir, ou la forme d’un sourire ou le bruit d’un rire. Et elle se dit qu’il est peut-être temps d’avouer qu’il est impossible pour elle d’oublier les constellations logées dans les yeux de Mina maintenant qu’elle est là, devant elle. Haena décide qu’à présent, ça l’énerve plus qu’autre chose, ces étoiles filantes cernés dans deux orbes sombres. Mais Haena n’est pas qu’énervée – elle est furieuse, elle est enragée. Elle reconnait cette femme. Elle aurait souhaité que ça ne soit pas le cas, mais chaque trait sur son visage est comme une ligne de code qu’elle avait étudié des nuits entières, sans cesse, essayant d’y trouver des erreur sans jamais vraiment y arriver. Elle est furieuse car elle observe Mina et c’est la même femme avec qui elle partageait autrefois son lit, ses habits, l’envie de sauver des gens et sa propre vie.
Cette même femme avec qui elle s’enfermait dans la salle de bain pendant des heures pour se cacher du reste du monde ; avec qui elle se posait sur un sol froid mais se contentait de sa présence chaleureuse.

Pourtant, là tout de suite, dans ce décor-là, dans cette salle de bain-là, dans cet appartement-là que nulles d’entre elles ne reconnait, dans ce pays, tout est de travers et elle ne s’est jamais sentie aussi froide malgré la présence de l’aînée. Malgré la fureur qui brûle dans son estomac. Les sourires de Haena ne sont que narquois, vides et sans sens. L’idée de sortir de là ne la quitte pas, mais son corps n’obéit qu’à Mina et son esprit tourbillonne autour d’elle. Autant ses mots sont acérés, autant ses gestes sont doux car – car Mina est fragile, et ça fait parti de ces choses qu’elle ne sait pas oublier. Quand elle pose ses yeux sur ladite femme, elle a la même sensation dans le creux de son estomac que quand elle observe un texte de code imparfait sur son écran et c’est de la frustration, du mépris et de la colère. Or c’est plus fort. Beaucoup plus fort que cela. Une faute dans un code elle sait réparer pour que ça puisse fonctionner convenablement mais ça, ce qu’il y a entre elles, elle ignore quoi en faire et Haena se force à se concentrer sur sa colère plutôt que de l’envie d’embrasser le médecin ; l’envie de fermer ses doigts sur son cou et l’embrasser tendrement mais fort, assez fort pour que leurs poumons protestent.

« Et alors ? Tu veux que je te dises quoi Haena ? — »

« Des excuses seraient pas mal, merci. » La jeune Jung lui coupe la parole mais regrette ses mots tantôt sortis de sa bouche.

« —Tu me l'as répété un bon nombre de fois, tu crois que j'ai pas enregistré ? T'as changée, j'ai changée, on peut rien y faire, c'est la vie. » Mina exhale. Le silence qui s’installe ne dure pas, et la hackeuse pose son regard sur sa vis-à-vis et la trouve si belle, (ses joues rouges à cause du froid et elle se déteste de le remarquer,) et si ravissante qu’elle lui paraissait invraisemblable. Cela dit, toute cette journée vire à l’invraisemblable. Elle mord sa langue et regarde ailleurs, l’envie de cogner le mur est forte et dérangeante, difficile à ignorer. « Pourquoi tu viens me coller après ce qu'il s'est produit, hein ? Je ne t'aies jamais demandé de partir de l'hôpital alors viens pas me balancer tes réflexions, j'en ai assez entendu. »


« Te coller ? »
Rien que les mots laissent un goût acide dans sa bouche ; ses deux mains sont instantanément deux poings enfuis dans sa veste, ses yeux posés sur la Heo dans un regard sombre qui peut tuer. Elle cherche quoi dire, elle tourne ses mots dans la bouche et pense à beaucoup de choses mais ne trouve toujours rien. Sur son visage, il n’y a plus aucune aise, aucune courbe pour moquer. C’est l’idée d’admettre que Mina avait raison qui la pousse à serrer sa mâchoire. « Te coller. C’est ce que t’appelles ça ? »

Soudain, Haena se rappelle vaguement de la fois où on avait lancé une rumeur sur Mina. Elles n’étaient que de petites gamines dans un lycée aux élèves bien trop tendancieux. Ce qu’était ladite rumeur, elle ne se rappelle plus mais la sensation de son poing contre la joue d’un mec deux fois plus grand est distincte dans sa mémoire. Elle ne doute pas d’avoir dit quelque chose, ensuite, une menace, de lui avoir prohiber de s’approcher de son amie et, en rentrant, dans la voiture que sa mère envoyait pour les récupérer en fin de journée, elle se rappelle de l’air inquiet qu’avait pris ladite amie en observant sa main à présent bleuâtre. Elle avait dit que c’était dû à une porte, ou autre, mais le mensonge était durement avalé l’autre et l’inquiétude ne s’était dissipé qu’une fois sa main guérie.
Et Haena inhale bruyamment, a l’impression d’être celle qui reçoit un poing dans la gueule cette fois-ci. Elle se sent livide.

« Si c'est pour me dire de telles choses que t'es restée, je te retiens pas, vas-t-en. »

C’est parce que tu étais tout ce qui me restait dans ce monde, et que j’avais l’impression d’être perdue dans la fac sans toi, d’avoir perdu ma raison d’y être ; c’est parce que tu ne me laisses pas indifférente. Ces paroles sont tués à la lisière de ses lèvres. Plutôt, elle s’approche de Mina de pas feutrés et cille, son regard fixe et affilé. Haena se rappelle de pléthore de souvenirs. Des bons, des mauvais surtout, et en tout et pour tout, dans aucun de ces souvenirs n’était Mina absente. Elle a toujours été là, présente, et aucune d’elles ne s’est plainte de la présence de l’autre. « C’est parce que j’ai cru qu’on était amies, que je suis restée. Parce qu’on était rentrées à cette putain de fac ensemble et que j’avais vraiment cru qu’il fallait qu’on en ressorte ensemble. » Elle inhale, et exhale. Son regard se baisse pour contempler le manque de distance entre leurs lèvres mais ne s’attarde pas. Elle relâche ses poings et sent la peau de sa pomme piquer. « Je t’ai dit. J’m’en fous de ça. Je ne regrette pas avoir quitté la fac. Je regrette pas être ici. Mais je t’ai donné la possibilité de recommencer à nouveau. Page blanche. Tu pouvais finir tes études ici. Alors pourquoi tu te retrouves impliquée avec Kanata ? Un gang. Vraiment ? » Elle la regarde avec irritation.

Haena ouvre la bouche pour continuer mais un bruit gagne son attention et elle se retourne instantanément, la main sur son pistolet et les yeux fixés sur la porte. Elle ne se retourne pas, mais quand elle parle, sa question est dirigée vers Mina : « Kanta attendait quelqu’un ? »

Alors qu’elle n’a pas encore sa réponse, elle est déjà devant la porte, et l’a déjà entrouverte pour avoir une image des intrus. Elle reconnait le tatouage de gang et s’y connait assez pour savoir que ce n’est pas des amis. Deux hommes gardent la porte tandis qu’un autre inspecte le sang sur le lit de la première pièce. Elle regarde enfin Mina et lui fit signe de se mettre dans la baignoire, qu’elle y reste le temps qu’elle s’occupe du problème.

Son silencieux est très vite placé sur son arme et le mec est au téléphone, dit quelque chose d’à propos d’un possible ‘blessé.’ Elle s’approche de lui de pas feutrés, et une fois assez proche, pose une main furtive sur sa bouche et vide deux balles contre son dos. Son cri est étouffé contre sa main mais le bruit que produit la chute du téléphone attire l’attention des deux autres et Haena ne se pose pas trop de questions avant de laisser l’homme tomber et de tirer encore ; deux balles dans les côtes de l’un et trois dans le ventre de l’autre avant qu’ils ne puissent même la remarquer. Elle recharge son pistolet et s’approche de la porte principale. Quand elle s’assure qu’il n’y a plus personne dans l’étage, elle revient à la salle de bain (elle s’assure de ne pas être brusque pour ne pas alerter Mina – même si les coups de feu étaient étouffés, les cris des mafieux ne l’était pas).

« Prends tes affaires et viens. On doit se casser de là. » Elle le dit sans trop la regarder, occupée à récupérer les outils de sa belle. Mais à un moment, elle pose le regard sur elle et a peur de trouver du dégoût dans ses orbes.

Haena n’a jamais vraiment éprouvé un regret quelconque, après avoir tué. Elle n’a pas à le faire très souvent, après tout, et son Alexis II ne lui permet pas vraiment d’éprouver grand chose. Mais tuer devant Mina...

« ça... ça va ? »



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