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 baby why am i so lonely (ft takeshi)

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Yū Miuna
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SAILOR MOON
for love and justice, the pretty sailor suited soldier Sailor Moon ! in the name of the moon I will punish you !

SILENCE
elle vous demande si la terre est l'enfer, et que si c'est le cas, la mort serait-elle en réalité la vie.


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Sam 5 Nov - 22:42

Le chagrin est un élément.
Il possède son propre cycle comme le carbone, l'azote.
Il ne diminue jamais, jamais. Il traverse tout.


La journée commençait dans cet appartement froid et vide de Shibuya. Elle y continuait. Elle s’y terminerait. Et Miuna ne trouverait jamais d’endroit plus froid et triste que cet appartement qu’elle venait d’acquérir par envie trop soudaine de fuir la demeure familiale qui l’effrayait par sa grandeur et son vide. Quitter un vide pour en rejoindre un autre, moins grand, mais toujours aussi vide de tous sens. Et ses journées passées à tracer au fusain des trains sans le sens, des traits ayant perdus leur innocence, des traits insuffisants comme disait le professeur de dessin. Ses journées passés à ressasser le vide que d’autres ont laissé … ou le vide qu’elle les a forcé à laisser. Comme cela, créer ses propres vides pour s’en plaindre après. Et taper du poing sur la table pour faire saigner ses jointures, s’exploser les doigts à en dégouliner de douleur pour forcer les vides à se combler. Pleurer dans les bras de ceux qu’elle aime tant pour ne faire d’eux que de simples mouchoirs réutilisables ; son âme gueulait qu’il fallait s’éloigner alors que son corps redemandait le contact d’autres, pour un instant, pour combler le vide qui démange sa peau immaculée. Contact innocent, un câlin, une discussion, un échange de regard, une présence. Miuna voulait s’imprégner. Oui voilà : Miuna voulait s’imprégner de présences. S’imprégner de voix et de discussions dont elle ne se souvient jamais. S’imprégner du souci que d’autres se font pour elle. Oh ce qu’elle regrettait, elle qui, toute entière, se laissait bercer par ces doux moments sans jamais les rendre. Ce qu’elle regrettait de n’être plus capable de demander aux autres s’ils allaient bien, le sourire au coin de ses lèvres roses, demander d’envoyer son amour au prochain qu’ils croiseraient –une mère, une sœur, un cousin, un ami en commun. Puis s’en aller et ne pas se soucier de son propre état, plutôt misérable, comme elle le faisait auparavant. Elle se contentait aujourd’hui de rester là et d’attendre qu’on constate son état pitoyable … mais il n’y avait plus grand monde pour le faire désormais, maintenant qu’ils l’avaient tous dévisager à l’époque la plus sombre de sa  vie. Elle était désormais celle qui s’en était sortie et devait porter les couleurs de cette chance incroyable qui lui avait été offerte de reconstruire sa vie détruite … s’ils savaient. Elle déambulait dans les rues à la recherche de visages qu’elle n’aurait pas encore revus. Car il n’y avait chaque jour que des membres de sa famille qui sonnait à sa porte pour vérifier qu’une des héritières de cette famille qu’on admire tant ne se serait pas une fois de plus couper les poignets pour attirer l’attention des tabloïds sur son existence silencieuse. Miuna n’était pas la guerre de Mari. Elle n’était pas l’aventure d’Ayaka. Elle était encore moins Seto qui portait ce lourd fardeau de fils. Miuna était certainement en manque d’attention, à ce moment de sa vie, ce qui l’avait poussée à toutes ces choses dont ils avaient entendu parler ici ou là. Pauvre gamine.
En effet, elle pensait avoir perdu ses pouvoirs de guérisseuse, de douce protectrice des âmes meurtries jusqu’à ce que Takeshi titube –pas littéralement, il s’agissait d’une image de sa santé mentale au moment des faits- dans sa direction. Sans réellement s’en rendre compte, probablement. Miuna avait pansé ses blessures et déposé son corps fatigué dans son appartement vide. Les lieux prirent alors vie. Et Miuna souriait. Takeshi avait réveillé des gestes dont Miuna avait perdu l’usage. Et dépoussiéré des mimiques apaisantes, des phrases touchantes.
Miuna voulut retourner à l’école. Elle avait rangé son fusain et ressorti ses aquarelles.
Miuna voulut un tatouage. Elle avait dessiné les traits fins au creux de sa clavicule et derrière sa nuque, avec un miroir (des lunes).
Au moment où elle voulut se renseigner, ses plans pour la soirée changèrent et elle se retrouvait fichée d’un rendez-vous avec Takeshi qui souhaitait la remercier. Elle avait oublié à quel point elle raffolait de cette sensation douce que lui procurait l’acte d’aider les autres puis de recevoir, en retour, un remerciement. Il pouvait être chuchoté, il pouvait être gravé, il pouvait être geste ou un sourire ; elle ne les attendait jamais et se délectait de ces retours qui lui donnait autrefois l’envie de continuer à donner de sa personne.
Elle le regardait et écoutait parler. Ses yeux brillaient, comme avant. Et Miuna se rappelait le Takeshi qui l’avait trouvée au pied de cet escalier et l’avait prise par la main pour l’emmener voir autre chose. Chat des villes, il lui avait fait visité son monde et elle avait suivi car effrayée de rester seule chez elle en ce temps sombre. Et comme un chasseur de mauvais rêves il faisait de nouveau lumière sur les ténèbres dans lesquels Miuna se noyait de par sa fortuite apparition.
Il l’avait remerciée et après ? Angoisse ou stupide pensée que celle de la solitude qui se réinstallerait et créerait de nouveau le cercle vicieux qu’il avait abandonné le temps d’une valse.
Miuna tomba le manteau,  laissant enfin apparaître sa robe blanche, sans manches, et ses bras fins. N’avait-elle pas le droit de se contenter d’apprécier cette soirée ? Elle apprenait à jouir des moments comme ceux-ci sans se priver de choses dont elle pensait devoir se priver comme le vin dont elle raffolait spécialement –allez savoir pourquoi, mademoiselle restait-elle aristocrate au palais trop fin pour la bière ou était-ce simple peur que de découvrir qu’elle pouvait aimer le goût sauvage de cet alcool ? Elle se décida néanmoins à commander des boissons identiques à celles de Takeshi. « Je te laisse choisir … » lui dit-elle d’ailleurs en refermant sa carte de boissons.
« Merci de m’avoir invitée … »


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DISPARAÎTRE COMME UN ÉCHO
j'ai encore frôlé la vie, en imaginant un monde sans ces êtres qui se disent humain. c'était comme si on sortait ma tête de l'eau, d'une eau noire, trouble, visqueuse.


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