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 nope, not today - ICHIRIO

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Fujibe Rio
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Dim 6 Nov - 15:55

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Devenir adulte, c'est admettre que la fuite est impossible, que les histoires sont courtes, sans importance mais qu'elles laissent des traces, pour des raisons qui nous échappent. Devenir adulte, c'est admettre qu'il n'existe pas d'ailleurs.

[clothes]
Dernière caisse de bière rentrée, je peux enfin prendre une pause. La dernière de la soirée. Après ma collègue termine son service et je serais la seule à assurer le service jusqu’à la fermeture. Je suis l’une des rares à ne pas faire ce travail comme job étudiant alors c’est souvent moi qui me coltine les fermetures en semaine. Ce n’est pas bien grave mais c’est plutôt crevant. Je souffle et m’éttire longuement. J’ai le dos en compote. Je sors par la porte de derrière et m’adosse au mur. Il fait nuit dehors. Je n’aime pas prendre de pause. Le travail m’occupe suffisamment l’esprit et m’empêche de penser à autre chose. De penser à lui. Son nom est presque devenu tabou. Il avait besoin de mon aide. Je le sais. Mais j’ai fui, lâchement. Je voulais réellement lui porter main forte mais au final je n’ai pas pu. Certains jours la simple vue de sa porte d’entrée me donne envie de pleurer. Je voulais vraiment l’aider mais je n’y arrive pas. Je ne peux plus lui faire face. J’ai trop mal. Je souffre de savoir que je ne pourrais jamais être cette personne si importante à ses yeux. Avant j’étais pleine d’espoir. Je rêvais les yeux ouverts qu’un jour il remarquerait sa petite voisine. Que je deviendrais celle pour qui il se rangerait. J’étais bien idiote. Bien naïve. On me le reproche souvent mais pour la première fois je me suis prise mon défaut en pleine figure.

Je reste de longues minutes immobiles. Je fais à peine attention au froid. Je ne me sens bien que lorsque je travails ou que je dors. Le reste du temps je pense trop. Il m’arrive même d’envisager de prendre un troisième boulot. Pour être sûre de ne plus avoir une minute à moi. J’adorerais. Ne plus pouvoir penser à autre chose. Si seulement les choses étaient aussi faciles. Je soupire. J’ai le bout des doigts gelé, je vais rentrer. La différence de température est impressionnante. La chaleur picote mon corps glacé. Dans la réserve ma collègue est déjà en train de se préparer à partir. «  La salle est en train de se vider, tu ne devrais pas avoir trop de monde. Tu verras, un mec super beau vient d’arriver ! Courage pour la suite. » Elle glousse et ne tarde pas à partir. C’est notre grand jeu. Repérer les clients les plus beaux et se battre pour être celui ou celle qui pourra les servir. Je retourne dans la salle en sautillant. Les effluves d’alcool et les discutions des clients me mettent tout de suite dans le bain. J’oublie ma peine et repasse en mode boulot.

Je scrute la salle à la recherche du beau garçon en question. Ah. Non. Je ne suis pas d’accord. Par réflexe je me cache derrière le bar en reconnaissant le visage d’Ichiro. Mais qu’est-ce qu’il fait ici ?! Mon cœur bat la chamade. Cela fait des semaines que je ne l’ai pas vu. Pas depuis cette fois où je l’ai consolé. C’est comme si une fine pointe venait s’enfoncer dans ma poitrine. Tout doucement. Je ne veux pas lui parler. Je ne me sens pas prête. Je me recroqueville sur moi-même. C’est un véritable cauchemar. Tout d’un coup je me sens tirée vers le haut et me voilà sortie de ma cachette. « Rio ! Arrête de jouer et va travailler. » Une seule personne semble ne pas avoir manqué notre altercation. Ichiro.

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Mer 9 Nov - 11:04

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Elle n’est pas revenue.
Je ne me souviens plus bien si elle avait hoché la tête, dit oui, ou si je l’avais tout simplement imaginé. J’essaie de me dire qu’elle avait dit non, c’est moins douloureux.
J’entendais sa porte s’ouvrir, se fermer, je guettais à la mienne, sans jamais me montrer. Mais elle ne venait pas. Elle n’attrapait pas la clé dont elle connaissait très bien la cachette, elle ne s'invitait pas chez moi pour venir me nourrir, ou me dire des idioties.
Je n’ai rien compris.
Je ne sais pas très bien non plus si j’ai envie de comprendre. Je ne sais pas ce que j’ai fait de mal, encore une fois. et alors que l’espoir était monté à nouveau dans mon coeur, que l’envie de me lever et de faire quelque chose était revenue, j’étais à nouveau retombé. une illusion. Une vie remplie toujours de ces foutues illusions.
J’avais quand même décidé de me lever de mon canapé. De reprendre un semblant de vie, même si c’était avec un regard mort. Travail. Dodo. Manger, quand Ryosuke m’y faisait penser. Je me surprenais parfois à regarder sa porte, durant les quelques dizaines de secondes où je restais planté sur le palier, en espérant qu’elle en sorte juste à ce moment là. Je ne savais même pas pourquoi je pensais tant à elle. Avant ce soir là, nous n’étions pas grand chose, à part voisins.
J’ai l’impression qu’un changement s’est opéré cette nuit là. peut-être que c’est ça qui l’a fait fuir, je n’en sais rien, je n’y comprends rien.
L’incompréhension s’était vite transformée en frustration. En colère, même. je sentais bien qu’elle me fuyait, mais j’avais juste envie qu’elle me le dise directement, je détestais supposer, encore et encore, me faire du mal au cerveau pour sûrement rien.
Alors que j’étais en train d’enlever ma blouse plus tôt, pour achever ma journée, j’avais pris la décision d’aller l’affronter.

Et maintenant, alors que mes pas se rapprochent du bar où elle travaille, je suis de moins en moins sûr de moi. Je ne sais même pas ce que je pourrais lui dire. Et sûrement que je suis injuste à lui imposer ça, mon stupide moi qui ne peut pas juste faire avec le fait de s’être fait.. rejeter ? Ce n’est même pas le mot. De toute façon, je ne supporte pas ne pas savoir, ne pas comprendre. C’est juste ça, que je veux faire. Je pousse la porte et je ne la vois pas. Je la cherche pourtant du regard, mais rien.

Peut-être qu’elle est dans une salle à l’arrière, ou qu’elle est hors de ma vision. j’ai envie de partir mais je m'assois au bar et je discute, un léger sourire aux lèvres, avec la barman qui est en poste. je ne lui pose aucune question sur Rio, je ne veux pas faire le gars chiant. Il ne manque plus qu’il y ait des rumeurs sur le fait qu’un gars la cherche. en même temps, si elle sort et qu’elle vient me parler, il y en aura sûrement de toute façon.

Je pense l’apercevoir un instant, puis elle disparaît. Avant de réapparaître, tirée sûrement par une des amies. je ne sais pourquoi ma poitrine se serre quand je la vois, et je me surprends à la fixer. Elle se cache, j’en ai la confirmation, mais je ne veux pas partir, je veux avoir le fin mot de cette affaire. Je croise son regard.

“Bonsoir, Rio” je ne trouve rien d’autre à dire.

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Mer 23 Nov - 22:09

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Devenir adulte, c'est admettre que la fuite est impossible, que les histoires sont courtes, sans importance mais qu'elles laissent des traces, pour des raisons qui nous échappent. Devenir adulte, c'est admettre qu'il n'existe pas d'ailleurs.

[clothes]
On ne peut pas me reprocher de ne pas faire attention aux autres. J'ai sûrement plein de défauts mais pas celui-là. Je pourrais me plier en quatre pour les personnes de mon entourage. Même celles dont je ne suis pas particulièrement proche. Je voulais vraiment aider Ichiro. Je ne veux que ça, son bien-être. Mais même les personnes comme moi ont une limite et je l'ai découvert de la pire des manières qui soit. Je m'en veux terriblement. J'ai l'impression d'être la pire personne au monde. Je n'arrive pourtant pas à faire autrement. Je ne me sens pas la force d'affronter Ichiro. Je ne me vois pas le consoler quand l'existence même de cette fille piétine mes sentiments. Et une nouvelle fois j'ai envie de me flageller. Comment je peux me regarder dans la glace en ayant ce genre de pensées ?! Des semaines que je rumine les mêmes pensées et je n'ai pas avancé d'un pouce. Je suis pitoyable. Coincée entre mon envie d'être bienveillante et les lambeaux de mon cœur.

Je maudis ma collègue. Vivement que Inho arrive pour la remplacer. Je deviens mauvaise. Ichiro me regarde fixement et je ne peux plus fuir. Tous les pores de ma peau se hérissent quand il me parle. Je ne peux pas croire qu'il soit là par hasard. J'entrouvre la bouge mais aucun son ne sort. J'ai la gorge nouée. Je ne peux pas l'ignorer de façon si  effrontée. Je ne veux pas qu'il se doute de quelque chose.  Même si sa présence au bar indique qu'il est déjà trop tard. Je hoche la tête pour le saluer. Trop polie pour que ce soit naturel. Trop distante pour être vraie. « Bonsoir. » Je réponds d'une petite voix. Derrière moi ma collègue exulte. Je n'éprouve aucune fierté à être une connaissance du "beau gosse au bar". Je la remballe un peu froidement avant qu'elle me demande d'aller servir deux pintes à un couple assit au fond de la salle.

Je n'ai rien  promis. Je n'ai rien dit du tout. Je serais capable de tout nier en bloc. De me trouver les pires excuses. Juste pour me déculpabiliser. C'est avec amertume que je découvre l'égoïsme. Avec ses avantages et ses inconvénients. Je ne suis pas faite pour ça. Je me sens déchirée, écartelée, démantibulée par mes sentiments. Je ne pense qu'à ça. À ce que j'aurais dû faire, ce que j'ai fait et surtout ce que je ne pas fais. La salle semble soudainement pleine à craquée pendant un peu plus d'une heure. Que je le veuille ou non je ne peux pas m'occuper d'Ichiro. Trop occupée à servir, rougir aux remarques déplacées de certains et nettoyer les tables. Pourtant je ne peux pas m'empêcher de le regarder du coin de l'œil. Et quand nos regards se croisent je détourne les yeux. Comme toujours le bar finit par se vider. La fin du rush.

Debout dans la salle je regarde fixement le dos d'Ichiro. J'ai mal aux pieds. Je suis fatiguée. J'ai envie de pleurer. De me cacher sous ma couette. Comme depuis des semaines. Je sais, pourtant, que je ne pourrais pas fuir cette fois. Mon cœur bat la chamade alors que je marche avec une lenteur exagérée vers le bar. Je n'entends plus que les battements sourds de mon cœur. Je m'assois à un tabouret d'Ichiro. Distance de sécurité. Je demande un grand verre d'eau à ma collègue que je bois d'une traite.

Je me décide enfin à l'affronter. C'est comme si je redécouvrais son visage. Magnifique. Je l'aime. C'est effrayant comme ces mots sont  étouffants. Je ne me sens pas la force de parler. Je n'ai rien à dire. Je suis une personne terrible.
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Sam 26 Nov - 11:01

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Devenir adulte, c'est admettre que la fuite est impossible, que les histoires sont courtes, sans importance mais qu'elles laissent des traces, pour des raisons qui nous échappent. Devenir adulte, c'est admettre qu'il n'existe pas d'ailleurs.


Je hais ce que je vois dans son regard, sans sa posture. Je ne retrouve pas la Rio naturelle et enjouée qui venait squatter mon canapé. Quelque chose s’est brisé, sans que je sache exactement quoi. La seule explication logique est celle là : elle a été dégoûtée par ma faiblesse. Qu’elle s’en assure, je ne lui montrerai plus jamais. Je me sens coupable, de m’être autant laissé aller, et jour après jour je redeviens un Ichiro solide comme un roc. Solide mais aussi froid et plus désagréable, un Ichiro qui joue encore plus la comédie que d’habitude. Ce n’est pas grave, je suis fort à ça. Je n’ai plus l’impression de ressentir, le seul moyen de me sortir de ma stupeur était de tout fermer. Même mon regard doit sembler terne, vide. Il n’y a plus rien qui vit à l’intérieur, je ne sens même pas les battements de mon coeur. Et pourtant. Il y a cette petite douleur au fond de ma poitrine lorsque je pense à la soirée où elle est venue, et les jours suivants. Lorsqu’elle n’est jamais revenue.

Je ne sais pas trop si je lui en veux ou si je m’en veux. C’est de ma faute, après tout, d’avoir tout gâché. Mais je veux qu’elle puisse soutenir mon regard et qu’elle me le dise dans les yeux : Ichiro, je pensais que tu étais quelqu’un de bien, mais je me suis rendu compte que tu étais nul et pathétique. Oui. Elle doit me le dire directement. Seulement là je suppose que la paix pourra prendre part de mon corps, que mon esprit aura un peu de répit. Mais elle me fuit. Je ne vois qu’un mèche de cheveux volante et n’entends qu’un bruit de porte, à chaque fois. Des bruits de pas précipités, et avant même que je n’aie pu déterminer l’origine, ils s’effacent. Je frissonne en entendant son bonsoir, si faible. Je ne sais pourquoi les poils se hérissent sur mes bras.

Elle fuit à nouveau, très vite. Mais je ne compte pas bouger. Je reste solidement sur mon tabouret de bar, suivant ses mouvements. Analysant la façon dont ses articulations se meuvent, ses muscles se tendent. Les expressions de son visage alors qu’elle interagit avec les patients. Je la trouve belle. C’est ça la sensation, qu’il y a au fond de mon ventre. Mais les mots ne parviennent pas jusqu’au devant de mon cerveau, jusqu’à mon conscient. Je sens juste une tension et un fascination à la regarder sans cesse. Parfois, elle relève le regard vers moi, et nous nous croisons ainsi furtivement. Je sais qu’elle ne pourra pas me fuir éternellement, je resterai jusqu’à la fermeture, aussi tard soit-elle.

Une personne finit par partir. Une deuxième. Et la salle devient moins bruyante, la température baisse sûrement un peu. Mes muscles se relaxent un peu, je n’ai jamais apprécié l’hyperstimulation sensorielle de ce genre d’endroits, trop dur de se concentrer.

Elle vient vers moi. Comme pour lui donner une intimité qu’elle mérite, je détourne le regard, ne la scrutant que du coin des yeux. Elle ne s'assoit pas à côté de moi, et je ressens encore un pincement de ce tabouret vide entre nous deux. Corps, comporte toi mieux. Et le silence. Je pensais au moins qu’elle aurait un mot à dire. Mais peut-être que le ridicule de la situation n’est que mieux exprimé par ce mutisme. Peut-être n’a-t-elle pas envie de me faire mal, malgré l’estime qu’elle a pu perdre à mon égard.

“Où étais-tu ?” Une question. Simple. Qui dit tout. Parce que c’est ça que je veux savoir, plus que tout. Plus que le “où”, le “pourquoi” sous entendu de son absence, de sa fuite.
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Ven 2 Déc - 20:50

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[clothes]
Ce tabouret entre nous deux ressemble à une ridicule métaphore de notre relation. De comment je la ressens. Si proche mais tellement loin. Il y a quelques semaines n’autre relation a pris une toute autre tournure. J’avais enfin le sentiment de prendre une vraie place dans sa vie. De devenir quelqu’un aux yeux d’Ichiro. Mais tout à volé en éclat. Parce que je suis incapable de faire face à mes sentiments. Incapable de voir la vérité en face. Ce n’est pas moi qu’il aime. Et ça je n’ai pas pu le supporter. Comme je n’ai pas pu supporter mon égoïsme. Il me suffirait de tendre le bras pour briser la glace. Mais j’ai tellement peur. Peur que mon cœur n’y résiste pas. Peur qu’il soit déjà trop tard. Chacun de ses mots sont comme des coups. La culpabilité me fait suffoquer. Je m’en veux. O Ichiro si tu savais comme je m’en veux. J’entrouvre la bouche mais aucun son ne sort. Paralysée par la peur. « Je suis désolée. » Je murmure. Je ne suis même pas sûr qu’il ait pu m’entendre. Ma poitrine me fait mal. Bien plus que mes pieds gonflés dans mes tennis. Je voudrais dire autre chose mais j’ai tellement à dire que je reste muette.

La voix de ma collègue me rappelle à l’ordre. Me faisant remarquer que nous n’avons pas encore fermé. Je me lève en soufflant. « Attends-moi. » Je dis à l’égard d’Ichiro. Mes mots me font rougir. Je ne dis jamais ce genre de chose. Si… osée. « Je veux dire… Je dois finir de travailler. Si tu veux bien m’attendre… » Aussitôt dit je m’esquive vers la salle. Mon cœur bat la chamade. Je me consacre à ma tâche jusqu’à la fermeture et évite de trop regarder dans sa direction. Même si je dois dire que le voir persévérer me terrorise comme me donne de doux espoirs.

Dans les vestiaires l’idée de m’éclipser par la porte de derrière me parait délicieuse. Combien de temps encore comptes-tu le fuir ? C’est impossible. Nos portes d’entrée se font fasse. Le seul moyen serait de déménager ou de rentrer à Tsushima mais je n’ai ni le temps ni les moyens pour la première solution et la deuxième me parait encore plus saugrenue. Si on m’avait dit que j’en viendrais à penser à de telles extrémités par amour. Je ne l’aurais jamais cru. Moi la petite campagnarde innocente et crédule. Je soupire en enfilant manteau et écharpe. Je suis exténuée et je sens que la suite de la nuit va être éprouvante. Je baille et m’étire. J’ai un peu mal aux épaules.

Dehors le froid m’agresse. Il m’attend encore. Sous un réverbère. J’ai l’impression d’être dans une série. Le héros attendant sa belle dans le froid. La scène me parait presque irréaliste. Je me fais encore des films. Ichiro ne m’a pas encore remarquée alors j’en profite pour le regarder. A contre-jour, surexposé ou dans la pénombre et même emmitouflé dans ses vêtements d’hiver,  il reste splendide. Mon cœur recommence à faire des loopings dans ma poitrine et j’ai à nouveau envie de pleurer. La fatigue me transforme en véritable fontaine plus mes sentiments, si je n’explose pas en larme ce soir je pourrais me féliciter.

«  Désolée pour l’attente. Tu dois avoir froid. » Je dis sur le ton le plus naturel que j’ai en stock tout en trottinant dans sa direction. J’ai l’impression de jouer un rôle. Celui de la gentille Rio, toujours de bonne humeur. Un personnage que je métrisais à la perfection et qui maintenant me pose bien des problèmes. « Je ne voulais pas… te laisser. Vraiment. » Je n’arrive pas à regarder son visage. Je sers mes mains dans mon dos et garde la tête basse. Il faut crever l’abcès si je veux pouvoir continuer à me regarder dans une glace. Et parce que j’ai de plus en plus peur de le perdre.  
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Sam 3 Déc - 9:28

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Ce n’est pas ce que je lui ai demandé. Je ne veux pas de ses excuses, un spasme vient tendre chacun de mes muscles. C’est ce qu’on sort quand on ne sait pas quoi dire. Je ne doute pas de la sincérité de ses paroles, mais je n’en ai pas besoin. “Je suis désolée.” Je m’en doute, qu’elle est désolée. Je le suis aussi. Je veux passer les futilités de la bienséance, même si peut-être qu’elle y tient, à ces mots. Je me hais d’être si dur, mais elle ne comprend l’agitation qui court dans mes veines, ou peut-être ne veut-elle pas la voir. L’idée ne me vient pas que peut-être, elle ne le sait pas. Combien c’est important pour moi. Et comme la logique de ce fait me semble évidente, pourquoi irais-je l’énoncer ? Et puis je n’ai même pas le temps de réagir qu’elle repart. J’attrappe à chaque fois quelques dizaines de secondes de son temps, peut-être pense-t-elle m’épuiser, que j’abandonnerais. Elle devrait savoir que plus têtu que moi, il n’y a pas, en tout cas pour les choses qui me tiennent à coeur. Elle me trouverait au pas du bar encore à 8h du matin si elle me demandait d’attendre qu’elle fasse l’inventaire.

Elle me l’a dit, comme un ordre. Pas une demande. On ne peut m’en vouloir de m’y contraindre, ainsi, je sens mes fesses s’enfoncer encore un peu plus dans ce tabouret dur. J’ai mal au bas du dos et tente d’ajuster ma posture. Je reste encore un temps là, avant de sentir trop de fourmis dans mes jambes pour supporter une telle position. Je vais dehors, malgré le froid. Je remonte un peu plus ma veste sur mon cou, me maudissant de ne pas avoir pris une écharpe. En ais-je même une ? C’est le genre de choses auxquelles je ne pense même pas. C’est idiot.

Je ferme les paupières. Je regrette que le halo du réverbère ne soit pas un petit rayon de soleil, car mes extrémités sont en train de s’engourdir. Si j’avais été quelqu’un d’autre, j’aurais tapé du pied par terre, je me serais rongé les ongles, j’aurais paru mu d’une forte angoisse. Mais comme je suis Ichiro, fidèle à lui même, rien ne se voit. Je parais presque paisible, tellement loin de mon réel tumulte intérieur.

Je finis par l’entendre à mes côtés et je tourne le visage vers elle, la regardant approcher avec toute la légèreté du monde. J’en suis presque vexé à nouveau. Tout semble tellement naturel pour elle. Je lui en veux, sans tellement savoir la raison exacte de ce sentiment qui me prend le ventre en la voyant là, à quelques mètres de moi.

Elle n’ose pas me regarder. La colère monte un peu plus en moi, même si je hais ce sentiment plus que tous les autres. Je souffle.

“Je déteste les paroles inutiles” Je dis, honnêtement. Elle le mérite, non ? Mon véritable visage. Elle le connaît maintenant, je ne veux pas faire semblant. Elle n’est pas un patient que je dois rassurer dans la douleur. Je n’en ai pas la force. Ce n’est aucunement que je veux être méchant envers elle, d’ailleurs je ne le suis pas : je déteste juste ces paroles toutes faites, celles qu’elle pense sûrement que je veux entendre.

“Et puis ce n’est pas ce que j’ai demandé.” Je dis, détournant le visage, ne supportant pas de la regarder. A quoi bon, de toute façon elle ne lève même pas le regard vers moi, comme quelqu’un qui aurait fait une bêtise.

“Quand on ne veut pas faire quelque chose, on ne le fait pas. En toute logique. Et puis…” Je sens l’honnêteté s’échapper, d’un coup. Parce que je veux apaiser sa peine d’une certaine façon, un réflexe que je ne comprends pas, et qui va sans que je le sache dans le sens inverse de ce qu’elle voudrait. “Je m’en fiche, vraiment. Ne va pas croire que j’ai déprimé des jours parce que tu n’es pas revenue. Qui en aurait eu envie… Tu es libre de ne pas me parler si tu n’en as pas envie. Tu ne me dois rien. Tu n’as pas la tâche de t’occuper de moi quand je suis si pathétique.”

Mon pied pousse un caillou imaginaire sur le trottoir, je me dis que c’est plus simple comme ça. Je lui enlève sa culpabilité, elle n’a rien fait de mal, et moi je n’y ai même pas pensé, je n’ai même pas souffert. Très loin de la réalité.

Dieu, que je suis faible.
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Sam 3 Déc - 13:22

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Devenir adulte, c'est admettre que la fuite est impossible, que les histoires sont courtes, sans importance mais qu'elles laissent des traces, pour des raisons qui nous échappent. Devenir adulte, c'est admettre qu'il n'existe pas d'ailleurs.


Les yeux rivés sur les boutons de son manteau j’appréhende sa réponse. Je sers de plus en plus fort mes mains contre ma veste. Je sursaute quand il souffle. Je n’aime pas ça. Ça ne présage rien de bon. Mon estomac se sert à cause de l’angoisse. Et ses mots sont encore pires. Tout ce que j’entends c’est « je te déteste ».  Il m’en veut. C’est ça. Il m’en veut de ne pas être revenue. Je me suis immiscée dans sa vie et maintenant il me reproche d’en être repartie aussi vite. Je suis quelqu’un d’horrible et Ichiro me le fait sentir. Peut-être qu’il se moque de la raison qui m’a poussée à ne plus revenir. Peut-être qu’il est venu pour me dire de ne plus me mêler de ses affaires.

C’est tout mon corps qui tremble. J’ai mal tellement mal. J’ai du mal à comprendre la suite de ses paroles. Alors il ne m’en veut pas ? Je ne suis pas sûre de bien saisir ce qu’il veut me dire. Qui de nous deux à fait quelque chose de mal ? Comme s’il s’accusait. Comme si c’était de sa faute. Je ne sais pas si c’est le froid qui me ronge ou la douleur mais mon corps tremble de plus en plus. Est-ce que je ne dois plus m’occuper de lui ? J’ai du mal à le suivre. C’est comme s’il me disait que mon absence ne lui avait fait aucun effet. Ce qui, en soit, devrait être une bonne chose. Devrait me faire sentir moins coupable. Pourtant je n’aime pas ça. Je n’aime pas l’idée que ma présence lui fasse ni chaud ni froid. Ichiro. Cet homme a le pouvoir de me redonner vie ou de m’écarteler avec de simples mots. Ce n’est pas lui qui devrait se sentir pathétique mais moi.

Mais alors pourquoi est-il venu ? Pourquoi s’être déplacé jusqu’au bar. Pourquoi m’avoir attendu si tard. Juste pour me dire qu’il s’en moque ? Que je ne compte pas. Ça n’a pas de sens. J’ai du mal à croire ce qu’il avance. Et tout d’un coup je sens la colère poindre. Je suis énervée. Contre lui. Contre moi qui ne sait pas interpréter de simples mots. Mais surtout contre Ichiro qui broie mon cœur dès qu’il ouvre la bouche. « Si je ne suis rien tu n’aurais pas dû venir. » Ce n’est pas ce que j’avais à lui dire. Mais la fatigue et l’agacement brouille mes pensées et tout ce qui sort de ma bouche est abjecte. «  Si tu n’as pas besoin d’aide alors ne viens pas me chercher. Je n’ai pas besoin de ça. Ma vie est bien assez compliquée comme ça. » Compliquée parce que je t’aime. Ces mots me brûlent les lèvres. J’ai envie de lui hurler que je ne veux plus l’aimer si c’est pour entendre ce genre de choses.

« C’est trop dur. » Mes larmes coulent d’elles-mêmes sans que je puisse rien contre elles. « Je voulais vraiment. Mais je. J’ai pas pu. C’est trop difficile. » Ma voix est entrecoupée de sanglots. « C’est pas de ta faute. » Je pleure tellement que je ne peux plus parler. Je pleure comme une enfant.
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Sam 3 Déc - 17:19

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Devenir adulte, c'est admettre que la fuite est impossible, que les histoires sont courtes, sans importance mais qu'elles laissent des traces, pour des raisons qui nous échappent. Devenir adulte, c'est admettre qu'il n'existe pas d'ailleurs.


Je ne sais pas à quoi je m’attends. De base, je ne sais même pas pourquoi Rio a toujours tenu à me tenir compagnie depuis que je suis arrivée dans l’immeuble. je ne sais pas si nous sommes amis. Je n’aime pas cette absence de mots et pourtant, je ne crois pas qu’elle pourrait bien plus m’aider. Et dans une relation sans nom, je ne sais pas comment appeler non plus les sentiments qui m’ont poussé à venir jusque là. Et à penser à elle. Tous les jours. C’est encore plus illogique que la bête d’excuse qui vient de sortir de ma bouche, et je sens mes poings se serrer alors qu’elle me le rappelle. Je n’arrive même pas à identifier les sentiments dans sa voix, ce serait plus facile si je la regardais, si je pouvais analyser les traits de son visage, mais je ne le veux pas, je ne le peux pas. Je fixe un point de la façade d’un des bâtiments, du côté opposé de la rue. Je regarde dans le vide. Tous mes muscles sont contractés, et je me rends compte que je commence à avoir mal, mes ongles venant blesser ma peau. Je me force à desserrer ma prise.


La culpabilité vient me frapper à nouveau. Suis-je si égoïste que ça ? Il me semble qu’être avec Rio me le rappelle, inlassablement. Que je ne pense qu’à moi, que je ne prends pas deux secondes pour me dire qu’elle a peut-être d’autres problèmes plus importants que pauvre petit ichiro qui pleure à côté de chez elle. Nous ne sommes pas.. Encore une fois, je ne sais pas ce que nous sommes, mais je me doute que nous ne sommes pas assez proches pour que mes maux aient une place si importante dans sa vie. Cela ne fait que confirmer tout ce que je pense. Un parasite, c’est ce que j’ai été par ma faiblesse, et ce que je ne voulais plus être. Pourtant, encore une fois, je viens ramper sans son bon vouloir sur sa peau et perce sa chair, pour lui apporter de la douleur inutile. Elle ne veut pas de moi.

Je relève le regard quand je sens qu’elle craque. Parce qu’on ne craque pas pour quelqu’un pour qui on en a rien à faire, non ? .. Encore une fois, je me reprends. Elle ne pleure pas à cause de moi ou par rapport à moi, mais par rapport à toutes ces difficultés qu’elle vient d’évoquer. Le monde ne tourne pas autour de moi. Mais je sens une douleur aiguë dans la poitrine de voir les larmes couler sur ses joues, malgré la faible lumière apportée par les réverbères de cette rue glacée.

Mon corps se fige. Des gens qui souffrent, j’en vois tous les jours, c’est mon travail. Alors pourquoi la voir comme ça me semble si insupportable ? Je la connais, la petite Rio. Je la connais de ce que j’en ai vu, des paroles qui ont pu sortir de sa bouche lorsqu’elle venait dans mon salon.. Je la connais de ses regards, et de ses sourires. Encore une fois j’ai l’impression qu’elle veut me ménager, qu’elle me dit que ce n’est pas ma faute parce qu’elle préfère souffrir que faire souffrir.

Je pivote et m’approche, laissant une faible distance entre nos deux corps. Je viens poser mes mains sur ses joues et relève son visage pour pouvoir croiser son regard, essuyant ses larmes de mes deux pouces. “Tais toi.” je dis. Mon ton est doux, malgré l’apparente agressivité de mes mots. Mais je ne suis pas très loquace, hein ? ça c’est le vrai Ichiro, celui qui ne fait pas semblant. Je ne sais pourquoi ma gorge est serrée comme ça, et pourquoi ma vision est un peu trouble. J’essaie de me reprendre.

“Tu n’as rien fait de mal. Je te crois.. Je te crois… Et je préfère que tu ne sois pas revenue si c’est pour que tu souffre encore en ma présence…”

Je ne sais pas pourquoi elle souffre, la véritable raison. Pour l’instant, mon cerveau ne peut qu’imaginer : elle souffre parce qu’elle ne supporte pas de me voir souffrir, pas moi en particulier, mais n’importe quel humain sur terre. L’altruiste Rio, c’est comme ça que je la vois. L’altruiste Rio contre l'égoïste Ichiro, c’est bien pour ça qu’elle ne devrait pas rester autour de moi. Je ne suis pas quelqu’un qui tire vers le haut.

“Je ne mérite pas que tu…” ma voix est étranglée. ça me frustre, ça m’énerve, et je prends une grande respiration. “Tu as raison, je n’aurais pas du venir. Je n’ai pensé qu’à moi, encore une fois” dis-je avec un demi sourire jaune. Un petit rire vient s’échapper de mes lèvres même, réalisant à quel point chaque action semble confirmer ma stupidité actuelle. Je ferme les paupières quelques secondes, tenant toujours son visage entre mes mains. Me disant, c’est bizarre, comment ses joues font pour être aussi chaudes, alors qu’il fait si froid dehors. Je me laisse emporter par cette idée, en me disant que même si elle ne pleurait pas, j’aimerais garder mes mains là encore des heures.


Finalement je rouvre les yeux. “Que veux-tu de moi ?”
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Ven 16 Déc - 0:42

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Je regrette instantanément. Il doit encore souffrir de la perte de cette fille et moi je remue le couteau dans la plaie. Tourne sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler. J'aurais dû me taire. Ne rien dire du tout plutôt que d'être aussi mauvaise. Je suis un monstre. Comme si je n’avais pas fait assez de mal comme ça. Comme si je ne lui avais pas fait de mal. Je regrette mes mots abjects. Ce n’est pas ce que je pense et encore moins ce que je veux. Je veux que tu continues de venir à moi. Je veux continuer de te voir. Même si chaque fois que je pose les yeux sur toi je me sens écartelée.  

Je me sens comme un pantin entre les mains d’Ichiro. Riant, m’énervant et pleurant à chacune de ses actions. Avec lui je passe du chaud au froid en un quart de seconde. C’est à la fois grisant, effrayant et fatiguant. Et cette fois je suis fatiguée. Fatiguée par mon cœur qui se déchire un peu plus à chaque instant. Fatiguée par mon indécision. Fatiguée d’avoir perdu tout contrôle sur mes émotions et mon corps. Je voudrais ne pas pleurer. Parce que les larmes tournent toujours les choses à mon avantage. A la moindre larme je deviens la victime et les rôles s’inversent. La culpabilité m’écrase toujours un peu plus.

Je hoquète quand il me somme de me taire. Son ton est d’une douceur dévastatrice tout comme ses pouces qui tentent de tarirent mes pleures. Je n’ai pas d’autre choix que le regarder de mes grands yeux larmoyants. Et malgré la situation je sens mon cœur gonfler dans ma poitrine. Pendant quelques secondes j’oublie le froid qui mord mes joues humides. J’oublie que je souffre, que je fais souffrir. Pendant quelques secondes il n’y a que ses yeux sombres et ses mains qui, malgré la température, semblent brûlantes contre ma peau.

Le rêve n’est que de courte durée. Mon cœur se resserre de plus belle. Suis-je donc seulement bonne à le blesser ? Je ne supporte pas cette façon qu’à Ichiro de toujours croire qu’il est une nuisance. Ce n’est pas lui. Je suis la cause de mes propres maux. Je voudrais lui crier d’arrêter. Pour qu’il comprenne une bonne fois pour toute qu’il n’embête personne. Les gens tristes ont le droit d’être soutenus. Tout le monde a le droit de se plaindre et de demander un peu de soutien quand les choses vont mal.

Je secoue négativement la tête entre ses mains. Non tu n’es pas égoïste. Et oui tu le mérites. Je le regarde fixement dans l’espoir vain qu’il comprenne. De lui transmettre ce message. Le voir fermer les yeux m’inquiète. Par réflexe je tends le bras pour attraper le devant un pan de son manteau. Je me rends compte que je ne pleure plus du tout. Et quand Ichiro rouvre les paupières et parles, j’éprouve pour la première fois l’envie de me dresser sur la pointe des pieds et de l’embrasser. Je ferme à mon tour les yeux pour profiter de cette douce torpeur et de ce drôle de désir. Et quand je les ouvre je ne me pose plus de questions.

« Je veux que tu ailles mieux. » Je me mets à énumérer tout ce qui me passe par la tête. Tout ce que je pourrais demander. Dans la limite du possible et du correct. « Je veux que tu arrêtes de dire que tu es pathétique. » Je veux que tu m'aimes. « Ou de penser que tu es une nuisance pour les autres. » Je veux que tu  m'aimes. « Je voudrais que tu sois honnête. » Je marque une pause. « Au moins avec moi. » Mais moi je continuerais de mentir. Je continuerais de faire semblant d'être altruiste. D'être Rio qui aime tout le monde, qui ne souhaite que le bien des autres. Je continuerais de te faire croire que je fais tout ça de manière désintéressée et non pas par amour. Juste pour toi.
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Ven 23 Déc - 17:28

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Je ne m'attends à rien. Ou plutôt, je me force à ne rien anticiper. Ichiro toujours un pas en avance sur l'autre coureur, à force d'imaginer toutes les possibilités, je me fais plus de mal que de bien. Je n'arrive pas à arrêter cette machine douloureuse, celle qui analyse toutes les fins possibles à cette situation et qui évalue les issues les plus probables. Pourtant, je ne suis pas un ordinateur. Et les données que j'avale et que je recrache ne sont que subjectives, je devrais pouvoir me le dire, le réaliser. Mais ce stupide complexe, celui de l'homme qui pense que sa vérité est la vérité, surtout si elle est négative, ne semble pas vouloir s'effacer. Et alors que je pose cette question, je n'ai pas besoin de même formuler les mots dans mon esprit pour savoir que je m'attends à ce qu'elle me dise quelque chose pour enfoncer un dernier clou dans mon cercueil. Je ne lui donne même pas le bénéfice du doute. Je me hais pour ça.

Son regard m'électrise et j'ai l'impression de perdre le contrôle de mes membres. Heureusement qu'ils sont figés, comme de la pierre, que j'ai perdu toute sensation. Je me convaincs que ce n'est que le froid qui s'est insinué sous ma peau et qui tend mes muscles, que le froid pour expliquer cette insensibilité dont je me pare, ou que je prétends. Ses premiers mots m'arrachent un sourire, pas un de ceux dont on aime voir. Celui de l'homme qui vient d'entendre une bonne blague, ah c'est sûr elle est bonne, tu peux essayer de dire quelque chose de censé, juste après ça ? Bien sûr que ce n'est pas ce que je pense. Mais c'est jaune, terriblement jaune, et pas pour le moins affectueux. Le sourire qui pourrait montrer une certaine paix à l'évocation de sentiments définitivement positifs n'est là que pour montrer le mépris que je semble éprouver pour moi même. Le mépris que j'attends de chacun comme un mendiant.

Je prends ses demandes comme des attaques. Je me braque. Je ne dis rien, mais je sens tous les petits acteurs de mon cerveau se bouger : il faut fermer ces portes, et à double tour ! Ne pas laisser le mal entrer, car j'ai l'impression d'être à vif. C'est bête. Quand on est si mal que même les meilleures intentions viennent comme des coups de poignard, juste parce qu'on est plus au chaud au fond du trou. Elle termine de me parler, et je me sens comme un idiot. Veut-elle vraiment que je sois honnête ? Ou est-ce une de ces belles paroles sorties par absolument tout le monde ?

Qu'a apporté mon honnêteté la dernière fois ? Elle l'a fait fuir. Et je ne pense pas ça pour l'accabler. C'est pour moi le lien logique qui s'est fait. Dès que je me montre, les gens partent. Ou vont avec quelqu'un d'autre. Comme Anko susurre une petite voix à mon oreille, le petit diablotin sur mon épaule, celui qui veut que je crève au fond du lit, étouffé par mes propres larmes. Comme la personne pathétique qu'elle ne veut plus que j'énonce.

« Est-ce que j'ai le droit, alors, moi, d'exiger la même chose de toi ? » dis-je sans quitter son regard. « J'aime tes paroles. Tes belles paroles. Car celles qui sortent de la bouche de Rio sont toutes comme ça. Mais j'en ai marre d'entendre ce que tu te sens.. obligée.. de me dire. Je ne doute pas du fait que tu aie des bonnes intentions à mon égard. Mais... » J'esquisse un sourire, celui là n'est pas jaune, celui là est triste. Un demi sourire, comme la demi personne que j'ai l'impression que nous cachons l'un comme l'autre.

« Je ne peux pas te prendre au sérieux. Tu ne peux même l'attendre de moi. Tu peux être la meilleure des illusionnistes que tout de même, parfois, je vois la supercherie, dans quelques moments fugaces. Une ombre au fond de ton regard. »


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Jeu 5 Jan - 1:01

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Ça ne m’était jamais venu à l’esprit avant. Dire ces quelques mots. Je t’aime. Ou. Aimes moi. Non. Je n’en voyais pas l’utilité. Je n’ai jamais vraiment trop compris leur sens. Ni même la teneur de ces sentiments. Pas dans cette profondeur. Aimer peut avoir tellement de sens différents que parfois je m’y perds. Et dans cette avalanche d’émotions abstraites et douloureuses je me reconnais à peine. Rio la fille un peu bizarre. Rio la fille qui aime tout et tout le monde. C’est ce que j’étais. Mon affection pour les autres me paraissait si normale. Si naturelle. Et je n’avais jamais voulu en recevoir en retour. Je n’ai jamais rien attendu des autres. Je n’y avais même jamais pensé auparavant. Me voilà aujourd’hui. A quémander l’amour de quelqu’un d’autre. Les nerfs à vif parce qu’on ne me rend pas la pareille. Je suffoque. Pour la première fois je veux. Je désire. J’exige. Que l’on m’aime en retour. Et c’est aussi la première fois que je ne peux rien dire. Que je dois faire taire ces sentiments. Que je ne dois pas les révéler au grand jour. Que je ne dois rien lui dire. La peur est trop grande et je connais déjà la réponse. L’amour de sa vie est mort et moi je ne suis que la mignonne petite voisine qui remue le couteau dans la plaie.

Je n’aime pas son sourire. Il sonne faux. Terriblement faux. Je n’y crois pas un seul instant. Les sourires d’Ichiro sont rares et je dois presque me battre pour en obtenir un. Celui-là ne me plait pas du tout. Comme s’il se moquait de moi. Comme s’il n’en avait que faire de mes paroles. Sa réponse me conforte dans cette idée. Je retombe comme un soufflet. J’ai la douloureuse impression d’avoir parlé dans le vide. Que mes sentiments lui sont passés à côté. Ça me frustre terriblement. Adieu mes envies de grande déclaration. Je suis presque blessée par son manque de considération. Et même un peu énervée. Je fronce les sourcils et serre la mâchoire. Mes mots ne sont donc que du vent ? Peut-être est-ce la fatigue. Dans tous les cas j’ai l’impression qu’il me dit que je suis juste bonne à dire de gentilles paroles. Comme si je sortais ça à tout le monde. C’est ça. D’après lui je sonne faux. Je suis comme les autres tout justes bons à dire des mots doux pour réconforter les autres. A donner du réconfort bateau sans vraiment y croire. A croire que je fais ça seulement pour me donner bonne conscience ! Est-ce si dur à croire que quelqu’un puisse réellement s’intéresser à son cas ? A l’entendre on pourrait croire que je suis en train de faire une œuvre de charité. Ce ne sont plus seulement mes sentiments qui sont blessés mais mon égo qui est pleinement attaqué. On ne m’avait jamais remise en question sur ce point-là. Je n’aime pas du tout ça.

Et pourtant lorsqu’Ichiro parle à nouveau je me sens bête. Vraiment très bête. J’en ai gros sur la patate mais qu’est-ce que je peux répondre à cela ? Je suis prise de court. Mes yeux s’écarquillent sous la surprise. Je suis bloquée. Je reste en standby quelques secondes. Une éternité pour moi. Quelques secondes de trop pendant lesquels mon esprit est une page blanche. Impossible de réfléchir. Je reste muette face à une telle déclaration. J’étais prête à rendre des comptes mais je ne sais plus ce que je voulais dire. Tout m’échappe. Et quand mon cerveau se remet en marche je pense à vive allure. Il me faut trouver une parade et vite. Mon temps de réponse est déjà trop long. Je ne dois pas aggraver mon cas.

« Lequel de nous deux ment le plus à l’autre ? Le garçon qui dit pouvoir se débrouiller tout seul mais qui m’a attendu pendant des heures. Ou la fille qui pleure et propose son aide ? » Je sais que je me donne le bon rôle. Que je ne devrais pas dire ça. Que c’est la pire des idées qui me soit venu. « Tu sais, je le pensais vraiment quand j’ai dit que j’étais désolée. Je m’en suis vraiment voulu de ne pas être revenue. »

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Je n’aime pas cette façon qu’elle a d’être défensive. Comme si je l’avais attaqué, alors que je ne lui prête pas plus de fautes qu’à moi. Suis-je hypocrite ? Sûrement. J’ai passé depuis longtemps le stade à avoir l’espoir d’être ce qu’on appelle une “bonne” personne, et je n’y tends même pas. Pourquoi alors suis-je incapable de montrer une seule faiblesse, un seul défaut ? Les gens me voient comme monsieur parfait, et je fais tout pour entretenir cette illusion. Peut-être est-ce pour ça que je n’ai personne. Qui a envie de profiter de la compagnie d’un mannequin de plastique, qui renvoie ce qu’on veut de lui. Et quand je ne fais pas semblant, je suis insupportable. Je préfère que l’on ne me supporte pas pour ce que je montre, le faux, que pour ce que je suis réellement. Une attitude de peureux, encore quelque chose pour me taper sur la tête, tant pis.

Je choisis donc de ne pas retenir les premières paroles qui sortent de sa bouche. J’ai l’impression qu’elle n’a pas réfléchi avant de les sortir, et je ne veux pas lui en tenir rigueur. Surtout, je ne veux pas m’énerver à nouveau, je veux que mon coeur se calme dans ma poitrine et que mes boyaux cessent de se tordre. Elle a raison, tout de même. Je ne suis pas honnête sur mes sentiments ou sur ce que j’exprime et pour une très bonne raison : je ne fais pas moi même sens de tout quand elle est dans les parages. Je ne sais pas pourquoi j’ai pu m’exprimer quand elle est venue dans mon appartement. Je ne sais pas pourquoi j’ai pu profiter de ses bras sans m’en écarter. Je ne sais pas pourquoi j’ai pu l’embrasser sur la joue, malgré les excuses que j’avais pu me faire au moment où c’est arrivé.

Non, je ne sais pas pourquoi ça fait des heures que j’attends là, sans rien faire. Me répéter que ce n’est que pour savoir la vérité une fois pour toutes ne satisfait pas ma curiosité ou plutôt ma frustration, car je ne suis pas de ce genre là. Je ne m’accroche pas aux gens. La plupart sont effarés de mon manque de coeur ou d’attention. Je ne donne mon temps à personne. Presque. Mais ces pensées sont tellement perturbantes que je préfère les écarter à nouveau, me concentrer sur ce qui sort de sa bouche maintenant, qui m’aide à me calmer, me détendre.

“D’accord.” je murmure doucement. Parce que j’ai envie de la croire. Je n’aime pas l’admettre, mais j’ai envie qu’elle puisse tenir à moi jusqu’au point d’être désolée. Je veux juste savoir. Savoir. Peut-être que l’issue de penser qu’elle ne me considère pas est plus facile, mais quelque chose me pousse à avoir espoir en l’autre possibilité. Je me hais pour ça. Je suis faible. “Je veux que tu arrête de me fuir. Tu n’as pas besoin de baisser les yeux comme une coupable ou de faire demi tour quand j’arrive dans un couloir. Je veux que tu vienne t’inviter chez moi et que je te retrouve sur le canapé quand je rentre après le travail. Je veux que ce soit comme avant.” Je dis en détournant le regard, lâche, mais c’est déjà tellement dur de pouvoir exprimer ce genre de choses (faiblesse, faiblesse, faiblesse) que je ne peux m’imposer ça par dessus. “Tu me manques”

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